• CE QU'ILS EN PENSENT ... THEY LIKE IT ...

     

     

    MJ Latorre, journaliste

    Ces besoins-là, expressions des forces internes, Valérie Lacaze, chorégraphe et metteur en scène du spectacle, les déclare nécessaires catharsis inscrites au coeur de son "mystérieux" car inexplicablement intuitif travail de création.

    "Qualia ou la vie d'artiste" est la proposition forte d'un thème qui ne l'est pas moins. Il s'agit d'un travail sur l'humain, recentré sur l'état d'âme. Les détails ont tous du sens, de la gestuelle aux costumes.

    La chorégraphie sert à sublimer l'évènementiel en un acte artistique symbolique qui a une portée universelle; l'ouverture d'un grand livre relié au rêve. »

     

    MJ Latorre, journalist

    These needs, expressions of internal forces, Valérie Lacaze, choreographer and director of the show, declares them necessary catharsis inscribed at the heart of her "mysterious" because inexplicably intuitive creative work.

    "Qualia or the artist's life" is the strong proposal of a theme that is no less so. This is a work on the human, refocused on the state of mind. The details all make sense, from the gestures to the costumes.

    The choreography serves to sublimate the event into a symbolic artistic act that has a universal scope; the opening of a big book bound to the dream. »

     

     


    Rolland MASSABUAU, journaliste

    Devant les pierres romaines des Arènes de Nîmes, un public de 8'000 personnes chaque soir. "Qualia ou la vie d'artiste", va jusqu'en milieu de semaine, attirer la foule ( les 32'000 billets ont rapidement trouvé preneurs).

    Pour cette création dont la chorégraphie est signée Valérie Lacaze, et qui s'oriente sur l'évocation de quatre époques de la civilisation occidentale, la conversation qui s'établit entre la danse, l'eau et la musique, repose d'abord sur une partition originale composée par Anne Vadagnin.

    Mais, au fil des tableaux, tous les styles viennent se fondre dans la fresque. De Haendel aux Pink Floyd, de Charles Aznavour à Léo Ferré, et des mélodies de Jacques Offenbach aux textes de Raymond Devos ( mais oui !) Qualia ou la vie d'artiste puise son inspiration dans les sources de l'émotion, de la sensibilité et de la poésie."

     

    Rolland MASSABUAU, journalist

    In front of the Roman stones of the Nîmes Arenas, an audience of 8,000 people every evening. "Qualia or the artist's life", will attract the crowd until mid-week (the 32,000 tickets quickly found takers).

    For this creation whose choreography is by Valérie Lacaze, and which focuses on the evocation of four eras of Western civilization, the conversation that is established between dance, water and music, is based first on an original score composed by Anne Vadagnin.

    But, over the paintings, all styles blend into the fresco. From Handel to Pink Floyd, from Charles Aznavour to Léo Ferré, and from the melodies of Jacques Offenbach to the texts of Raymond Devos (but yes!) Qualia or the artist's life draws its inspiration from the sources of emotion, sensitivity and poetry."

     

     

     

     

    Anna AZNAOUR, journaliste

    « Leonard Gianadda l’a autorisée à rester seule dans son musée toute une nuit, Maurice Béjart lui a ouvert son école de danse, le Ballet National de Chine l’a invitée comme chorégraphe indépendante. La vie de Valérie Lacaze est digne d’un roman d’aventures, rythmée de passion et d’expériences multiples sur lequel elle a accepté de lever un coin de voile. »

     

    Anna AZNAOUR, journalist

    "Leonard Gianadda allowed her to stay alone in his museum all night, Maurice Béjart opened his dance school to her, the National Ballet of China invited her as an independent choreographer. The life of Valérie Lacaze is worthy of an adventure novel, punctuated by passion and multiple experiences on which she has agreed to lift a corner of the veil. »

     

     

     

     

    Madame FENG, directrice du Ballet National de Chine - Pékin

    Madame Feng, s'exprimant devant tous les danseurs au sujet de la création  "Nuages et pluie" : « parfaite compréhension de la musique chinoise »  - «  mouvements abstraits dont le sens profond fait ressortir l'humanité des danseurs ».

    «  Chère Valérie, c'est notre grand plaisir de vous inviter chez nous. Votre passion pour l'art du ballet a allumé le coeur de nos danseurs comme le soleil d'été. Merci infiniment pour tout ce que vous avez apporté. J'espère vous revoir bientôt ! »

     

    Madame FENG, director of the National Ballet of China - Beijing

    Miss Feng speaking in front of all the dancers about the creation "Clouds and Rain": "perfect understanding of Chinese music" - "abstract movements whose profound meaning brings out the humanity of the dancers".

    “Dear Valerie, it is our great pleasure to invite you to our home. Your passion for the art of ballet has lit the hearts of our dancers like the summer sun. Thank you very much for everything you have brought. I hope to see you again soon ! »

     

     

     

     

    Hervé Gérard, éditeur

    « Ce courriel pour vous faire part d'un coup de coeur.

    A l'invitation de l'ambassadeur de Suisse, j'ai eu l'occasion d'assister hier au Théâtre National de Bruxelles, à la création mondiale de "Camille Claudel, la mariée de l’oubli » chorégraphie de Valérie Lacaze.

    C'était tout simplement fabuleux. Aucune redondance, beaucoup de couleurs, une musique étonnante, des danseurs incroyables ! »

     

    Hervé Gérard, press editor

    “This email to let you know of a crush.

    At the invitation of the Swiss Ambassador, I had the opportunity to attend yesterday at the National Theater in Brussels, the world premiere of "Camille Claudel, the bride of oblivion" choreography by Valérie Lacaze.

    It was just fabulous. No redundancy, lots of colors, amazing music, amazing dancers! »

     

     

     

     

    Zoé DECKER, journaliste

    " Cette génération de danseurs éblouit avec une oeuvre de la chorégraphe Valérie Lacaze "Camille Claudel, la mariée de l'oubli".

    Camille Claudel et Auguste Rodin, c'est l'histoire d'un amour impossible, une rencontre entre deux artistes, deux sculpteurs issus de générations différentes, mais portés par un seul et même désir, celui de recréer le corps. Deux entités qui tombent amoureuses, entraînant chacun dans sa chute. Valérie Lacaze a su adapter son vocabulaire chorégraphique plein de finesse et d'harmonie, pour traduire la pierre en chair. »

     

    Zoe DECKER, journalist

    " This generation of dancers dazzles with a work by choreographer Valérie Lacaze "Camille Claudel, the bride of oblivion".

    Camille Claudel and Auguste Rodin is the story of an impossible love, an encounter between two artists, two sculptors from different generations, but driven by one and the same desire, that of recreating the body. Two entities who fall in love, dragging each in their fall. Valérie Lacaze has adapted her choreographic vocabulary full of finesse and harmony, to translate stone into flesh. »

     

     

     

     

    La Voix du Nord - Presse française

    " Pour attirer l'attention d'un jury composé de chorégraphes et de danseurs professionnels, il fallait donc, quelle que soit la catégorie, allier énergie, tempérament, originalité et , de surcroît, maîtriser le geste au point de le rendre fluide, et bien sûr, avoir imaginé une chorégraphie de qualité.

    Voilà un jury bien exigeant et avide de perfection. Mais, bien avant les résultats officiels qu'il proclamera, il s'est révélé sévère.

    Puis, soudain, bouche bée, ils restent de marbre : un silence quasi religieux règne dans la salle. Le Jeune Ballet Valérie Lacaze intrigue, tant les préparatifs sont longs. Lumière, et puis, à ce moment précis plus rien... un tourbillon.

    La jeune première invite à partager la folie de Camille Claudel. Les corps recroquevillés se font violence, les visages sont blêmes et les regards translucides. Par la sûreté du geste, les jeunes filles ont prouvé que, derrière elles, il y avait des années de danse. Tout était réuni pour que le succès fut assuré : costumes adéquats, chorégraphie bien ficelée et des rôles sur mesure. La lumière s'éteint, le public et les concurrents ne sont pas dupes. Quelque chose s'est passé, mais quoi ? Le jury vous le dira à la remise des prix.

    Ce que nos yeux n'ont pas voulu croire, c'était Le Prix Spécial du Jury !

     

     

    La Voix du Nord - french newspaper

    "To attract the attention of a jury made up of professional choreographers and dancers, it was therefore necessary, whatever the category, to combine energy, temperament, originality and, moreover, to master the gesture to the point of making it fluid, and of course, having imagined a quality choreography.

    This is a very demanding jury, eager for perfection. But, well before the official results that he will announce, he turned out to be severe.

    Then, suddenly, speechless, they remain unmoved: an almost religious silence reigns in the theater. The "Jeune Ballet Valérie Lacaze" intrigues, as the preparations are long. Light, and then, at that precise moment, nothing... a whirlwind.

    The young first invites you to share the madness of Camille Claudel. The curled up bodies do violence to each other, the faces are pale and the gazes translucent. By the sureness of the gesture, the young dancers proved that, behind them, there were years of dance. Everything was in place to ensure success: adequate costumes, well-crafted choreography and tailor-made roles. The light goes out, the audience and the other candidates are not fooled. Something happened, but what? The jury will tell you at the awards ceremony.

    What our eyes didn't want to believe was the Special Jury Prize!

     

     

  • CURRICULUM VITAE

    Début des années 90, Italie, résidence professionnelle du chorégraphe Micha Van Hoecke qui fut par le passé un célèbre soliste de Maurice Béjart et le directeur de son école Mudra à Bruxelles.

    J'étais venue au concours international qu'il présidait avec une chorégraphie intitulée "Encres de Chine". Profondément touchée par les évènements de Tien An Men, j'avais créé cette pièce pour 5 danseuses.

    Une semaine d'Epreuves éliminatoires, Demi-finale et Finale.

    Puis programmée pour le spectacle de clôture, en ignorant encore le résultat du concours.

    Quelques minutes avant l'annonce des résultats, ils ferment le rideau pour installer le jury sur scène.

    - "On demande le chorégraphe de "Encres de Chine" !

    Je passe derrière le rideau avec la peur au ventre ... que me veulent-ils ?

    Micha Van Hoecke est là. Il me regarde et demande pourquoi le chorégraphe n'est pas là. Je lui dis que c'est moi. Il sourit.

    J'ai 25 ans, je suis déjà maman d'un enfant de 3 ans ... mais j'ai l'air d'avoir l'âge de mes grandes élèves 😉

    -"Bravo pour votre travail ! nous avons tous beaucoup aimé. Mais qui êtes-vous ? Personne dans le jury ne vous connait ! D'où venez-vous ?" ... la discussion s'engage ...

    -" Vos élèves ont un très bon niveau. Savez-vous que Maurice Béjart est en train de créer une nouvelle école en Suisse ? D'ailleurs je le vois prochainement pour en parler. Vous devriez  lui présenter des élèves."

    Puis dans un tourbillon, le rideau s'ouvre, je rejoins mes danseuses. Les prix et récompenses s'enchainent.

    Je remporte le concours chorégraphique.

    J'y retournerai l'année suivante avec une autre création et des solistes et remporterai encore une fois le prix de chorégraphie et un premier prix pour une soliste.

    Micha Van Hoecke remet le Prix de chorégraphie à Valérie Lacaze

    Les années passent ... mon Jeune Ballet continue de remporter des concours et reçoit un agrément de la DRAC pour la création.

    En 1996, les évènements s'enchainent, la vie me bouscule et me force à m'interroger sur l'avenir quand je reçois un coup de téléphone...

    Maurice Béjart recherche un professeur permanent de danse moderne pour une année complète à Rudra.

    Je suis tellement troublée que je refuse la proposition qui m'est faite d'auditionner pour le chorégraphe que j'admire le plus au monde !

    Une semaine plus tard le téléphone sonne à nouveau.

    Je pars auditionner à Lausanne pour 6 jours, à raison de 2 cours par jour.

    -"On veut voir quel travail vous pouvez développer sur une semaine complète".

    Après 3 jours seulement, Maurice m'interpelle à la cantine.

    Je lui tend la main pour le saluer.

    Il attrape ma main, la retourne et l'embrasse :

    " Bienvenue à la maison Valérie ! Vas au bureau de la comptabilité, ton contrat est prêt".

     

    Ainsi va la vie !

     

     

     

     

     

    ENGLISH TRANSLATION COMING SOON ...

  • CURRICULUM VITAE suite

     

     

    Il fut une époque où "La Scène Française" était le concours de référence pour la Danse en France.

     

    Avec ses jury composés de danseurs étoiles de l'Opéra, de danseurs du Ballet du XXième siècle, de directeurs de Ballets Nationaux ( à l'époque où ils étaient presque tous classiques ou néo-classiques ) et des éminents membres de la fondation de "La Scène Française".

    Chaque professeur se devait d'y présenter ses meilleurs éléments, voire ses groupes chorégraphiques.

    Lorsque j'y remporte le premier prix d'Ensemble Contemporain, j'ignore qu'il existe aussi un prix spécial de chorégraphie "Jacqueline Chaumont".

    Et pour cause; il n'a pas été attribué depuis de nombreuses années ...

     

    C'est donc toute étonnée et forcément honorée que je reçois ce "Prix chorégraphique  Jacqueline Chaumont" pour l'une de mes créations.

    Dans cette lettre, la vice-présidente fais référence à ces prix et me demande de participer à la célébration des 50 ans de la Fondation de "La Scène Française":

     

    Transcription :

    " Paris, le 19 novembre 1995

    Madame,

    La Scène Française célèbre le 11 février 1996 les 50 ans de sa fondation.

    A cette occasion, un concert réunissant les meilleurs éléments parmi les lauréats de nos concours, sera organisé Salle Rossini le dimanche 11 février à 16 heures.

    En tant que 1° Prix d'Ensemble Contemporain et Prix Chorégraphique Jacqueline Chaumont, nous vous demandons de bien vouloir participer à cette manifestation de prestige.

    Nous ... le petit problème ... de .... votre éloignement, mais nous espérons en dépit de cela une réponse affirmative.

    Soyez assez aimable de nous faire connaitre votre réponse le plus vite possible.

    Croyez en mon amical souvenir ".

    Antoinette Guédy

    Vice Présidente

     

     

     

     

     

     

     

    ENGLISH TRANSLATION COMING SOON ...

     

     

  • VALERIE  LACAZE, DANCER

    La danse fait partie de ma vie depuis le jour où, à la l'âge de trois ans, on m'a déposée dans un cours de danse !

     

    Un très grave accident de la route ne me permettra pas de pousser ma carrière de danseuse au maximum de mes possibilités mais je danserais quand même professionnellement dans plusieurs compagnies en France pendant 8 ans, consciente que le métier ne s'acquière que dans la pratique et l'expérience professionnelle.

    Tout cela sans aucune frustration puisque depuis toujours, le sens du spectacle est plus fort encore que celui de monter moi-même sur scène.

    J'ai toujours chorégraphié et mis en scène dès que c'était possible ... sans perdre de vue que les apprentissages artistiques ( danse, musique, littérature, ... ) sont indispensables et indissociables de la créativité.
    Apprendre et découvrir chaque jour est mon live motive.

     

    Je suis également Professeur de danse classique, diplômée d'état.

     

    Un jour, bien plus tard, alors que je disais à Maurice Béjart que je me considérais comme un petit professeur face aux sommités que je croisais tous les jours dans le bâtiment, il me répondit : " tu sais Valérie, dans la danse il n'y a pas de petits et de grands; il y a juste des bons et des mauvais. Et je ne suis pas réputé pour m'entourer des plus mauvais ! "

     

    Dans un métier où l'auto-critique et le jugement sont quasi permanents, il faut aussi apprendre à recevoir les compliments ;-)

     

     

     

     

    The Dance is in my life since the day I did my first dance class at the age of three!

     

    A very serious road accident will not allow me to push my career as a dancer to the maximum of my possibilities but I would still dance professionally in several companies in France for 8 years, aware that the dancer job can only be acquired in practice and professional experience.

    All of this without any frustration because the sense of the show has always been stronger than that of going on stage myself.

    I have always choreographed and staged whenever possible... without losing sight of the fact that artistic learning (dance, music, literature, etc.) is essential and inseparable from creativity. Learning and discovering every day is my live motivation.

     

    I am also a state-certified classical dance teacher.

     

    One day, much later, when I was telling Maurice Béjart that I considered myself a "little" teacher in the face of the stars I met every day in the building, he replied: "You know Valérie, in dance there's no big or little; there's just good or bad teachers. And I'm not known for surrounding myself with the baddest!"

     

    In a job where self-criticism and judgment are almost permanent, you also have to learn to receive compliments ;-)

     

     

     

  •  " COMME UNE CULTURE "  in french & in english .  by  Marie Luce Brousse, journaliste

    IN FRENCH & IN ENGLISH

     

    " Toutes nos passions reflètent les étoiles "... Victor Hugo

     

    A l'âge, où les fillettes se concentrent sur les tenues de leurs poupées, Valérie Lacaze leur invente des scénarios, sans en éprouver pour autant une véritable satisfaction. Ces objets inertes lui semblent inintéressants. Rapidement, elle s'improvise metteur en scène et teste ses premières créations sur ses camarades de jeu de l'époque. Parallèlement, elle impose à son corps l'art de se mouvoir en le contraignant à l'exercice intensif de la gymnastique et de la danse. Ainsi, elle vit ses premiers émois de future chorégraphe. Elle n'a alors que 8 ans mais mesure déjà ce subtil accord entre l'espace et le temps, rendu perceptible grâce au rythme d'une musique et à la composition chorégraphique, que l'on appelle la danse...

    Sa voie est tracée, danseuse, professeur de danse, chorégraphe, elle croise le chemin d'un certain Maurice Béjart, un coup de foudre artistique qui la conduit à se consacrer à l'école Rudra Béjart de Lausanne en 1996. Artiste jusqu'au fond de l'âme, ce statut ne fait que décupler son esprit créatif. Armée d'un appareil photo, elle prolonge son expérience. Ultime expression des corps, mouvement éternel, Valérie nous livre un nouveau concept qu'elle baptise « choréo-photographie ».

     

    - C'est un travail d'improvisation activement guidé par le photographe ! s'exclame-t-elle. Un véritable travail de création ! Les photos sont toutes prises dans le mouvement, jamais posées. Les séries peuvent durer jusqu'à 30 minutes, sans interruption. Un vrai travail physique !

    A travers son regard déterminé, qui impose le respect, deux yeux d'enfant pétillent de malice.

    Passionnés Anna, Gabriel, Julien et Valentin le sont aussi. Actuellement danseurs solistes, au sein de plusieurs compagnies à travers le monde, ils viennent tous les quatre d'horizons différents.  En commun, ils ont cette grâce, qui passerait presque pour naturelle, mais qui résulte en fait d'un apprentissage sans relâche, celui du métier de danseur. Un parcours qui ne ménage ni les efforts physiques, ni les susceptibilités : transpiration, douleur,souffle court, larmes... De l'endurance naît l'envie, l'envie de remporter le plus difficile des combats, celui que chacun mène contre soi-même pour se surpasser. Puisque la danse les a choisis, leur corps deviendra instrument. En maîtrisant la technique, alors seulement, ils sont devenus aptes à monter sur scène avec pour préoccupation unique leur interprétation... Cette scène, qui transcende ou qui tue, a révélé aux yeux de tous leur supplément d'âme : le talent.

     

    Aucune grâce extérieure n'est complète si la beauté intérieure ne la vivifie. La beauté de l'âme se répand comme une lumière mystérieuse sur la beauté du corps. Victor Hugo

     

    " Beau-Rivage Palace, Salle Sandoz, un matin de juin. Allongée sur le plancher, Valérie s'imprègne de l'âme des lieux. Ses yeux mi-clos reflètent les éclats adamantins que le lustre de cristal projette sous la rotonde Art Nouveau. La succession de miroirs accentue son sentiment de solitude intense. Le corps cambré, les bras allongés, au dessus d'elle, un ange passe. Les immenses baies vitrées inondent la pièce d'une lumière surréaliste. Il pleut sur le lac Léman. Au détour d'une colonne, quatre corps se détachent de ce décor fixe et imposant. Leur beauté, inouïe, relève de la perfection. Cet instant, figé, sera le seul souvenir statique d'une journée d'exception.

    Instruments vibrants, Valérie guide leurs pas. Valentin, happé par la clarté, s'élève vers le lustre, grands jetés, temps levé, une fois, dix fois, son souffle court rythme les prises de vues, enfin il capture la lumière. Les autres danseurs investissent l'espace. Chacun s'élance dans des diagonales immenses. Leurs énergies respectives se mélangent pour former un élan magique et puissant. Ils s'envolent, suspendent leur vol, arrêtent le temps... Valérie, directive, entraîne le petit groupe face à un miroir, et propose des improvisations lentes.

    « Des statues de Rodin ! ce sont des statues de Rodin ! » s'extasie Cyril, le coiffeur, dont les doigts experts glissent dans les chevelures désordonnées, sans jamais interrompre le mouvement. Des rires fusent. Julien est bloqué entre deux colonnes de marbre et Valentin a chuté. Ils quittent le cadre photographique en entamant un pas de deux complice. L'objectif se concentre sur Gabriel et Anna. Mus par l'esprit d'Auguste Rodin, que celui de Camille Claudel ne quittera jamais, les voilà personnifiant Roméo et Juliette. Entre Auguste et Camille, Valérie peaufine sa sculpture vivante. «Enlace-là, développe, regarde-le, abandonne-toi dans ces bras, détourne. » Les mots sont précis, peu à peu, les muscles des deux corps composent une oeuvre ultime, parfaite, à la frontière entre l'inertie et le mouvement perpétuel...

    Le groupe investit la « petite bibliothèque ouverte ». Un mobilier cossu, qui occupe tout l'espace, invite les danseurs à trouver leur place dans ce décor feutré. Qu'à cela ne tienne, Julien suspend une attitude croisée sur le bord du canapé, Anna virevolte sur pointes abandonnant son regard sur le plancher précieux. Leur capacité d'adaptation est sans limite. Cette faculté ne relève pas du hasard mais de l'enseignement qu'ils ont reçu  : professeurs de sensibilités diverses, techniques différentes, variations de styles chorégraphiques, autant de facteurs indispensables à l'épanouissement d'une intelligence exacerbée de la perception des autres.

    Les mots se font alors obsolètes, anachroniques. Le travail de la « chorégraphe-photographe » bascule vers l'anticipation. Les doigts crispés sur le déclencheur, elle oriente ses prises de vues à l'endroit où la prochaine image va s'imprimer avec force. L'objectif de l'appareil photo danse aussi. Un ballet rapide et complice s'engage. L'effort ne semble avoir d'emprise ni sur les danseurs, ni sur leur guide... Leur dialogue non verbal est palpable, presque audible, si beau qu'on ne se lasse pas de cette conversation muette.

    – La différence entre la chorégraphie et la présente démarche, explique Valérie, c'est que je n'ai pas besoin de finaliser les séquences. Je me contente de suivre intensément mes intuitions visuelles. Cette activité absorbe mon cerveau tout entier, je connais assez les danseurs pour anticiper leurs mouvements...

    En ne finalisant pas les séquences, l'équipe de travail mobilisée sur ce projet a enchaîné 7 heures de prises de vues, la plus longue des chorégraphies encore jamais interprétée, une performance... Il nous en reste des photographies inédites. Les danseurs y bougent encore, tels les notes de musique d'une composition céleste, fixées sur une portée pour l'éternité. Blanche, noire, croche, double croche, autant de mouvements potentiels, prélude en corps majeur d'une expression nouvelle. "

    MLB «Comme une culture»

     

     

     

     

     

    IN ENGLISH

     

    "All our passions reflect the stars". (Victor Hugo)

     

    At an age when little girls usually focus on clothes for their dolls, Valérie Lacaze would create scenarios for them. But that did not give her genuine satisfaction; she found those inert objects uninspiring. So she started playing at being a director and tested her first productions on her playmates. She also put herself through a regime of intense gymnastics and dance exercises to develop the art of body movement. The future choreographer was already stirring within her. At the tender age of eight she could already discern the subtle connection between space and time which is perceptible in the rhythm of music and in choreography.

     

    Her path was mapped out. She became a dancer, a dance teacher and a choreographer and then in 1996, when she met the great Maurice Béjart, she realised in a flash that her artistic destiny was to work with the Rudra-Béjart school in Lausanne. Working at the school stimulated her intense artistic spirit and gave wings to her creativity. With the help of a photographic camera she has gone a step further; she has come up with a new concept, the ultimate expression of bodies in eternal movement, which she has called choreo-photography.

     

    “It’s improvisation which is actively guided by the photographer!” she exclaims. “It’s a real creative process! The photos are all taken in movement, never posed. A series can last up to 30 minutes, non-stop. It’s extremely physical work!” Her determined look, sparkling with childlike mischief, commands respect.

     

    Anna, Gabriel, Julien and Valentin are also passionate about their work. They are all solo dancers in various companies across the world, yet their origins are very different. What they have in common is a gracefulness that almost seems natural, but is in fact the product of their relentless hard work. Ballet dancing is a vocation that spares no physical effort. It leaves no room for weakness of character but has its share of sweat, pain, breathlessness and tears. Tenacity engenders will, the will to win the most difficult victory, the conquest of self that we all strive for in order to surpass ourselves. They were chosen to dance, and their bodies became their instruments. They had to fully master the technique before they could go on stage and perform. And on stage, where you transcend or die, they revealed yet another dimension – their talent.

     

    No external grace can be complete without internal beauty. The beauty of the soul sheds a mysterious light on the beauty of the body. (Victor Hugo)

     

    In the Beau-Rivage Palace, Salle Sandoz, one June morning. Valérie is lying outstretched on the floor, soaking up the spirit of the place. Her half-closed eyes reflect the adamantine lustre that the glass chandelier projects under the Art Nouveau dome. The mirrors accentuate her feeling of intense solitude. An angel passes over her arched body and outstretched arms. The huge bay windows inundate the room with a surrealistic light. Outside, it is raining on Lake Geneva. Amid this impressive decor, four bodies emerge from behind a column. They are almost perfect in their unspeakable beauty. This exceptional moment became imprinted on my memory.

     

    Valérie directs the steps of these vibrant instruments. Snapped up by the light, Valentin springs upward toward the chandelier performing a grand jeté, a temps levé, and then ten more. His short breaths give rhythm to the camera shots, and finally he captures the light. The other dancers come into the space and perform leaps diagonally. Their combined energy creates a momentum of magical power. They rise into the air, are locked in flight, as if time had stopped. Valérie then stages the group to face a mirror and suggests some slow improvisational movements.

     

    “Rodin sculptures! These are Rodin sculptures!” exclaims Cyril, the hairdresser, ecstatically, running his expert fingers through the heads of dishevelled hair without ever interrupting the action. There are bursts of laughter. Julien is locked between two marble columns and Valentin has collapsed. They leave the group breaking into a friendly pas de deux. The camera now focuses on Gabriel and Anna. Inspired by the love story between Auguste Rodin and Camille Claudel they play out Romeo and Juliette. Valerie puts the last touches to her living sculpture of Auguste and Camille. “Embrace – yes, that’s it, develop, look at him, let yourself go in his arms, turn away.”  Her words are precise, and gradually the two bodies achieve a perfect poise, somewhere between inertia and perpetual motion.

     

    The group moves into the small open library. The dancers take their place amid the plush furnishings. Julien performs an attitude croisée on the edge of a settee while Anna twirls on the tips of her toes, her eyes fixed on the beautiful marble floor. They have a boundless capacity to adapt, but this is no coincidence; it comes from their training.

     

    At this point words become obsolete.  Our choreographer-photographer’s task is now one of anticipation.  With her fingers ready on the shutter release button, she focuses her shots on the spot where the next image is to be taken. The lens of the camera is also dancing. There follows a series of fast ballet movements which the dancers and their director take in their stride. Their silent, non-verbal dialogue is palpable, almost audible.

     

    “The difference between choreography and what I’m doing now”, explains Valérie “is that I don’t need to finalise the sequences. I simply follow my visual intuition with an intensity that completely absorbs my mind. I know the dancers well enough to be able to anticipate all their movements.”

     

    Without finalising the sequences, the team worked on the shooting for seven hours non-stop - the longest choreographic work ever performed. What remains is a series of unique photos on which the dancers are still moving, like the notes dancing on the score of some celestial composition, suspended forever. This is a prelude to a new form of artistic expression where the body plays the major role.

    Like the notes of some celestial music !

     

    MLB «Comme une culture»

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